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Histoire de chef

Sylvestre Wahid

Grandes Alpes à Courchevel

avoue que s’il n’avait pas été cuisinier, il aurait été architecte. Il aurait certainement pu être couturier, car il aborde aujourd’hui la cuisine comme de la haute couture. Il a créé aux Grandes Alpes, hôtel 5 étoiles de Courchevel, un restaurant intimiste de 4 tables où il confectionne des assiettes dans lesquelles il glisse les meilleurs produits au meilleur moment.

Propos recueillis par Michel Tanguy

Né le 3 août 1975 à Kohat au Pakistan, Sylvestre Wahid arrive en France à l’âge de 10 ans, pour retrouver un père, qui très tôt dans sa vie s’est engagé dans la Légion étrangère. Une absence qui a inévitablement laissé un manque…

Quels sont les souvenirs que vous conservez du Pakistan ?

J’en ai très peu… Je me souviens enfant être très proche de ma mère, et assez solitaire. Et j’avais ce manque du côté paternel, car mon père s’est engagé dans la Légion quand j’avais 1 an. Ce sont les années les plus importantes, celles où tu as besoin de tes deux parents, et là, il en manquait un.

J’avais l’amour de ma mère mais pas cette rigueur apportée par le père.

Vous l’avez néanmoins retrouvé à votre arrivée en France ?

Pas vraiment, car 6 mois après mon arrivée, il quittait son poste de gérant du Mess des officiers au 2e REI à Nîmes pour Djibouti. Il a ensuite été muté en Guyane, puis au Cambodge, etc. Ça a toujours été comme ça. Ma vie paternelle a été morcelée, et à 47 ans aujourd’hui, je sais que c’était un manque.

Avez-vous des enfants ?

Non, mais j’en ai 22 dans mon équipe (il sourit) !

Cet article est issu du magazine

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N° 347 Mars 2023

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