Edito
Quelques notes italiennes
Elle est de ces cuisines qui voyagent bien : la gastronomie italienne est de celles qui ont le mieux trouvé leur place en France et elle s’est désormais installée dans nos habitudes, sur nos tables et dans nos souvenirs. Une cuisine généreuse, populaire, profondément conviviale, que l’on croit parfois connaître par cœur.
Et pourtant, derrière cette apparente simplicité se cache une gastronomie d’une richesse et d’une précision infinies. Des produits d’exception, des savoir-faire, des terroirs, des traditions et une capacité remarquable à faire naître de grandes émotions avec seulement quelques ingrédients. L’Italie populaire et l’Italie gastronomique ne sont finalement pas si éloignées : elles ont en commun le goût du produit, le plaisir du partage et cette façon très particulière de mettre la table au cœur de la vie.
C’est cette Italie-là que nous avons eu envie de vous faire découvrir dans ce numéro. Une Italie bien sûr présente en France, à travers les chefs qui la font vivre et la réinterprètent au quotidien. Simone Zanoni revient avec nous sur son parcours et sur cette histoire italienne qui l’a conduit jusqu’aux grandes tables parisiennes. Le duo du restaurant Il Carpaccio, au Royal Monceau, nous ouvre les portes d’une cuisine italienne pensée à quatre mains. Luana Belmondo partage, elle aussi, ce lien intime avec son pays d’origine et son amour d’une gastronomie dont elle est l’ambassadrice.
Dans ce numéro, l’Italie se glisse également dans nos assiettes et nos produits : la stracciatella, la noisette et sa pâte à tartiner, les cocktails, notre dossier gourmand, nos sélections d’adresses… Autant de prétextes pour voyager par l’assiette et pour retrouver, au fil des pages, quelques-uns de ces goûts qui évoquent immédiatement le soleil, la générosité et les grandes tablées.
Mais parce que la richesse de la gastronomie française n’a évidemment rien à envier à celle de nos voisins transalpins, ce numéro ne se limite pas à l’Italie. Mathieu Viannay nous emmène dans les cuisines de La Mère Brazier, institution lyonnaise dont il perpétue et fait évoluer l’histoire. Christophe Hay nous fait découvrir sa région, les châteaux de la Loire, à travers son regard de chef profondément attaché à son territoire. Deux façons, parmi d’autres, de rappeler combien notre propre gastronomie continue de se réinventer, de se raconter et de s’enrichir de nouvelles influences.
Car c’est peut-être cela, la richesse d’une cuisine : savoir voyager sans perdre ses racines, accueillir d’autres cultures sans renoncer à son identité, emprunter ici une idée, là un produit, ailleurs une façon de faire, et créer quelque chose de nouveau.
Alors que la rentrée reprend son rythme, nous avons peut-être simplement envie de prolonger encore un peu l’été. De garder sur la table quelques saveurs ensoleillées, de prendre le temps de cuisiner, de partager un plat, d’ouvrir une bouteille… Si quelques accents d’Italie peuvent nous y aider, nous n’allons certainement pas nous en priver.
Bonne rentrée et surtout buon appetito !
Cet article est issu du magazine
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