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Nez et Palais

Le Rouge, Version Frais et Léger

Par Louise Delamarre

Alors que la baisse de la consommation de vin rouge s’accentue en France et dans le monde, une nouvelle vague bouscule les codes, celle de cuvées sur le fruit, profilées pour être servies fraîches. De quoi séduire une nouvelle clientèle.

1 I Pays d’Oc

Lancée il y a deux ans, la vogue des rouges clairs, frais et légers continue de s’imposer dans le vignoble. Alors que les ventes de rosés stagnent, voire diminuent, que les vins rouges tanniques ne trouvent plus preneurs, de plus en plus d’acteurs investissent le créneau des rouges légers. Des cuvées spécialement imaginées pour attirer une clientèle plus jeune, à la recherche de saveurs fruitées, d’un dosage en alcool moindre, de packaging et de noms de cuvées plus décalés. Premiers à s’être emparé de la tendance, les grands acteurs, tels que M. Chapoutier ou Gérard Bertrand, ont investi le créneau avec des vins à servir très frais, voire froids. « Dans l’inconscient collectif, on ne met pas le rouge au frais, car cela casse les arômes et durcit les tannins. Le vin rouge est alors pris au piège d’un certain snobisme dont il ne demande qu’à sortir », reconnaît-on chez M. Chapoutier.

Aujourd’hui, ces rouges dits légers sont entrés dans les mœurs et de plus en plus de vignerons proposent leur propre version, que ce soit sous une appellation ou en vin de France, pour plus de liberté par rapport aux cahiers des charges. Dans la Loire, à Bordeaux, dans le Languedoc ou dans le Rhône, les exemples se multiplient, certains n’hésitant pas à proposer des assemblages de raisins issus de plusieurs régions pour encore plus d’originalité. Mais tous font preuve d’une caractéristique commune : la fraîcheur. L’idéal pour se marier avec les plats estivaux, du barbecue aux grandes salades en passant par les pizzas maison.

Pas question de désalcoolisation pour autant. Si la plupart titrent à moins de 12,5 % d’alcool, quelques-uns flirtent avec les 11 % de façon naturelle. Tout réside dans le savoir-faire du vigneron, qui sait repérer le moment idéal pour vendanger en conciliant fraîcheur et maturité. Et côté marketing, les domaines font preuve d’imagination entre noms de cuvées décalés, étiquettes thermosensibles pour indiquer la bonne température de service et assemblages de cépages originaux. Une nouvelle tendance qui n’est pas près de passer de mode.

Cet article est issu du magazine

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N° 370 Mai 2026