Histoire de Pâtissier
Christine Ferber
Fille de boulanger, petite-fille et arrièrepetite-fille de boulanger, Christine Ferber ne s’imaginait pourtant pas reprendre l’entreprise familiale dans le petit village de Niedermorschwihr au coeur de l’Alsace. Elle s’est toutefois laissée séduire par l’aspect artistique du métier, avec la volonté de proposer au quotidien les meilleurs produits possibles… Fidèle à son village natal, elle est aujourd’hui reconnue comme la reine des confitures.
Maison Ferber à Niedermorschwihr
L’arrière-grand-père de Christine Ferber arrive en Alsace après 1870, lorsque la région est devenue allemande. Originaire d’Augsburg, en Allemagne, où il était à l’époque le président des boulangers du pays, il s’installe à Strasbourg, épouse une Alsacienne, et décide de rester en France lorsque l’Alsace redevient française en 1918. Son fils est ingénieur dans les mines de potasse, mais par amour pour son épouse, abandonne son métier et reprend la petite boulangerie bistro de son père dans le village d’Obermorschwihr. Une petite brasserie dans laquelle les gens venaient se retrouver le dimanche après la messe, et les après-midi après leur travail dans les vignes.
Le père de Christine veut être cuisinier, mais ses parents le forcent à être boulanger-pâtissier. Il se forme au métier mais décide néanmoins de ne pas reprendre l’affaire familiale, persuadé que le village d’Obermorschwihr allait devenir une cité dortoir. Son envie d’ailleurs l’amène à Niedermorschwihr, où il reprend une épicerie, autrefois boulangerie,dont Christine Ferber, son frère Bruno, sa soeur Élisabeth et sa belle-soeur Anne-Catherine assurent aujourd’hui la pérennité.
Enfant, la petite Christine plume les poules avec sa grandmère, apprend à préparer le lapin farci avec son grand-père. Un grand-père qu’elle décrit comme « prestataire de service » car il achetait très peu de farine. Ce sont les gens du village qui lui apportaient la leur, issue du blé qu’il cultivait. Il fabriquait ensuite le pain et cuisait dans un four à bois.
Avez-vous rapidement su que vous alliez poursuivre l’activité de votre père ?
Je ne voulais pas reprendre. Même si dès l’âge de 8 ans je donnais un coup de main au fournil, à 15 ans je rêvais de voyage, moi qui parlais couramment allemand et anglais. Mon père m’a alors dit « Si tu apprends le métier de pâtissier, tu pourras voyager dans le monde entier, travailler sur des bateaux, dans des écoles, des hôtels, des pâtisseries, donner des cours ».
C’est cette idée qui vous a séduite ?
Le déclic a eu lieu en 1975, lorsqu’il m’a emmenée voir l’exposition Sucre d’art à Paris. J’y ai découvert de merveilleuses pièces en sucre, et tout le travail du sucre, tiré, soufflé, coulé, l’art du pastillage… J’étais en extase, et même si j’ai les pieds sur terre, je suis quand même très artiste, je lui ai donc dit oui pour apprendre le métier.
Cet article est issu du magazine
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