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Histoire de Pâtissier

Eddie Benghanem

peut se targuer d’un parcours jalonné de maisons prestigieuses. Et pourtant, il appartient à cette catégorie de pâtissiers pour qui la discrétion n’est pas un vain mot. Depuis dix ans, c’est au Trianon Palace à Versailles qu’il exerce. Avec la même énergie, une passion et une conviction intactes, il se remet sans cesse en question car l’inaction n’est pas son fort. Rencontre avec un homme qui devait être cuisinier mais qui finalement est devenu un grand pâtissier.

Trianon Palace à Versailles

Vos parents étaient restaurateurs, vous ont-ils incité à embrasser leur métier ? Absolument pas, c’est même l’inverse, ils ne voulaient pas que je fasse ce métier. Mes parents sont devenus restaurateurs sur le tard. Ils sont nés en Algérie et sont arrivés en France à un certain âge. C’est à force d’un travail acharné qu’ils ont ouvert un premier restaurant, puis un second et un troisième. Mais pour moi ils avaient d’autres projets. Ils voulaient que je fasse des études.

Quelle carrière voyaient-ils pour vous ?

Je crois qu’ils avaient le fantasme de beaucoup de parents, ils me voyaient docteur ou avocat. Moi j’ai su dès la 5e que je voulais faire de la cuisine. Eux me disaient « tu es intelligent tu vas faire des études ». Ce à quoi j’ai répondu, « ce n’est pas parce que je suis intelligent que je ne peux pas faire de cuisine ». Et mes parents, malins, ont essayé de m’endormir, me proposant de bien travailler en cours pour faire de la cuisine l’année suivante. Mais l’année d’après, rien. Comme je suis un peu long à la détente, je me suis laissé faire. En revanche, au bout de quelques années, j’ai arrêté de travailler en cours. Et j’ai décroché !

Que s’est-il passé alors ?

À la fin de ma seconde, on m’a à nouveau répété « tu as du potentiel, tu peux aller plus loin, fais des études ». J’ai répondu « non, ça fait quatre ans que je veux faire de la cuisine donc laissez-moi en faire ». Et c’est là que le professeur de l’école Le Cordon Bleu, qui venait travailler chez mes parents, m’a dit « si tu veux faire de la cuisine, alors fais de la pâtisserie, tu seras précis ; ensuite tu seras un bon cuisinier ». J’ai suivi son conseil, imaginant en faire deux ans avant de me tourner vers la cuisine. Au final je n’ai jamais quitté la pâtisserie.

Cet article est issu du magazine

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N° 318 Avril 2020

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