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Histoire de Pâtissier

Régis Marcon

Maisons Marcon à Saint-Bonnet- le-Froid

S’il ne fallait qu’un mot pour décrire Régis Marcon, ce serait l’implication. Depuis plus de 40 ans, il s’investit, non seulement en cui- sine, mais aussi pour la formation et pour son village de Saint-Bonnet-le-Froid dont il a su faire résonner le nom à l’international. Rencontre avec un chef qui fait bien plus que de la cuisine.

Propos recueillis par Michel Tanguy

Avec sa maman Marie-Louise

Vous êtes issu d’une famille de sept enfants, vous êtes le seul à avoir choisi la cuisine ?

J’ai un frère qui en a fait un peu car il a été hôtelier. C’est lui qui a initié l’aventure à Saint-Bonnet en rachetant l’école dans laquelle j’étais, petit, pour la transformer en hôtel club. Les gens venaient la semaine et il les promenait à ski ou à pied. Cela a créé une dyna- mique au village, et c’est cette dynamique que nous conservons aujourd’hui autour des commerces et de l’hôtellerie.

Comment s’est passée votre jeunesse ?

Heureuse, car ma mère me laissait libre de courir et jouer avec les copains. Je me faisais moi-même mon argent de poche en ramassant les orties blanches, les narcisses, les jonquilles, les myrtilles, les champignons, et l’hiver nous poussions les voitures dans la neige. Tout cela a fait le piment d’une jeunesse libre… Ma mère était très occupée car nous étions sept, et surtout, elle a perdu son mari à 42 ans, elle devait donc faire face à de nombreuses difficultés.

Avec ses frères et sœurs et leurs conjoints

À quoi vous destiniez-vous ?

Je voulais faire les beaux-arts. Mais ma mère, comme tous les gens de sa génération dans le village, avait à l’esprit de nous faire une situation pour qu’on parte en ville. Elle estimait que l’avenir n’était pas là. Lorsque je lui ai parlé de mon projet, elle m’a dit non car pour elle je n’allais pas gagner ma vie, sa crainte était que je ne vive pas de mon métier. D’où venait cette envie des beaux-arts ? Parce qu’à l’école j’étais nul, mais j’adorais dessiner. J’étais bon en histoire-géo, en sport et en dessin. C’est un curé qui m’a appris à dessiner, mais il m’a aussi initié à la musique. J’avais une certaine facilité à dessiner, à peindre, mais voulant obéir à ma mère, je me suis donc retrouvé à l’école hôtelière, contre mon gré…

Cet article est issu du magazine

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