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Une parenthèse gourmande

De Anne LUZIN

Difficile de parler de fêtes quand l’actualité ne nous donne pas toujours de raisons de nous réjouir. Entre incertitudes économiques, tensions sociales et climat politique agité, l’insouciance ne semble pas vraiment à l’ordre du jour. Et pourtant, faut-il pour autant renoncer au plaisir de se retrouver, de partager une belle table ou simplement de prendre le temps de cuisiner ? Bien au contraire. La gastronomie a cette formidable capacité à nous offrir des moments de convivialité et d’évasion, particulièrement précieux dans ces périodes troublées.

Ce numéro de fin d’année en est une belle illustration. À commencer par deux personnalités qui, chacune à sa manière, ont choisi de tracer leur propre chemin. Paul Pairet, dont la créativité et la liberté de ton ont largement dépassé les frontières de Shanghai, et Nina Métayer, qui a su imaginer un modèle singulier pour exprimer sa vision de la pâtisserie. Deux parcours très différents, mais une même envie d’entreprendre, de créer et de ne pas forcément suivre les chemins tout tracés.

Et puisque les fêtes approchent, difficile de ne pas céder au plaisir des belles tables. Jean-François Piège nous rappelle combien la cuisine est aussi un art de recevoir et de mettre en scène, tandis que Christophe Moret nous ouvre les portes de la majestueuse demeure des Crayères. En Alsace, Olivier Nasti nous invite à découvrir une autre façon de célébrer cette période, entre traditions, gourmandise et attachement à un territoire. Autant de regards et de sensibilités qui témoignent de la richesse de notre gastronomie.
Bien sûr, il sera aussi question de bûches, de desserts de fêtes, de champagne, de truffe blanche et de tous ces mets qui donnent aux fêtes une saveur particulière. Des produits d’exception, des créations gourmandes, mais surtout autant de prétextes à se retrouver et à partager de bons moments. Car qu’il s’agisse d’une grande table ou d’un repas préparé à la maison, le plaisir est aussi celui d’être ensemble.

Alors, sans ignorer les préoccupations du quotidien, accordons-nous cette petite trêve des confiseurs. Profitons de cette fin d’année pour cultiver ce que la cuisine a de plus précieux : sa capacité à rassembler, à faire plaisir et, parfois, à nous faire oublier pour quelques heures le tumulte du monde.

Belle lecture, belles fêtes et surtout bon appétit !

Cet article est issu du magazine

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N° 373 Novembre-Décembre 2026