Histoire de chef
Emmanuel Renaut
Né dans le Val-d’Oise, où il passera une dizaine d’années, Emmanuel Renaut a dès son enfance une attache forte avec la nature. Des grands-parents agriculteurs du côté maternel, de l’autre un grand-père pêcheur. Lorsqu’on apprend que, déjà enfant, il aimait les balades en forêt et la cueil- lette des champignons, on comprend mieux aujourd’hui sa cuisine en phase avec son terroir montagnard et en parfaite adéquation avec la saison. Rencontre avec un cuisinier sincère et authentique.
T.M. : Comment se passe votre enfance ?
Je suis proche de la nature, je vais me balader dans les bois, je fais de la moto Trial, je vais ramasser des champignons avec mes voisins mais je ne suis pas nécessairement passionné par la cuisine. J’aime bien manger, on mange bien à la maison mais je n’ai pas d’attrait par- ticulier. Néanmoins, j’ai la chance que mes parents m’emmènent dans un ou deux bons restaurants. Je garde notamment un grand souvenir de mon repas au restaurant Greuze à Tournus, chez Jean Ducloux. Ensuite c’est par mon frère aîné, qui est sommelier, que j’apprends à découvrir le monde de la gastronomie, car lorsque tu es à la campagne, les chefs, les grands chefs, tu ne les connais pas nécessairement. Sur- tout qu’il n’y avait pas à l’époque autant de médias que maintenant.
T.M. : Étiez-vous bon élève ?
J’étais bon élève mais l’école ne m’intéressait pas. J’avais beaucoup de facilités pour faire ce que je voulais mais je ne travaillais pas. J’étais assez « branleur ». Quand j’avais envie de quelque chose, je le faisais facilement mais je n’étais pas passionné par l’école, et l’école ne me passionnait pas. J’y suis resté jusqu’en 3e puis je me suis orienté vers un apprentissage en cuisine. J’ai démarré dans un simhôtel, style Novotel, une chaîne qui n’existe plus, qui pro- posait une cuisine simple, des plats du jour.
Mon frère travaillait à Paris, dans de belles maisons, il faisait pas mal de concours, ce qu’il faisait m’intéressait. Je me suis donc décidé à partir pour la région parisienne. J’ai rejoint une copine qui habitait à Montigny- le-Bretonneux. Là j’ai cherché une place où j’avais mes week-ends, car je voulais continuer à pouvoir rentrer faire de la moto et voir mes copains et mes copines. À ce moment-là, la cuisine n’est pas quelque chose qui me passionne. Mais l’expérience se passe bien, on me fait confiance, au point de me laisser gérer seul le restaurant. J’avais 18-19 ans et c’était presque moi le chef.
Cet article est issu du magazine
S'abonner