Skip to content

Histoire de chef

Yoann Conte

En reprenant la maison de Marc Veyrat en 2010, Yoann Conte n’aura pas choisi de vivre un long fleuve tranquille. Reprendre un lieu comme L’Eridan, c’est accepter un legs, s’inscrire dans une histoire, qui au départ n’est pas vraiment la sienne, et relever deux défis : pérenniser la maison en respectant le propriétaire et réussir à imposer son identité. L’objectif est aujourd’hui largement atteint. La table de Yoann Conte est couronnée de 2 étoiles, la maison est en mouvement perpétuel et le chef envisage de racheter les murs, afin d’être, avec son épouse Élodie, véritablement chez lui.

Yoann Conte est heureux et fier de parler de ses projets et des évolutions permanentes que vit sa maison. Car un lieu comme celui-là, explique le chef, doit s’entretenir au long cours. Les chantiers s’enchaînent, qu’ils soient intérieurs ou extérieurs, car il est essentiel aujourd’hui de répondre aux attentes d’une clientèle toujours plus exigeante. Un bar va ainsi être créé à l’entrée du restaurant pour améliorer l’accueil. « Nous sommes dans du service justifie le chef, l’idée est de faire moins mais mieux, avec un service plus plus plus ! Une pâtisserie ouverte va également voir le jour dans la salle de restaurant, équipé d’un bar à dessert pour offrir une expérience de plus aux clients. La table du chef, un espace intime à l’image d’un chalet, habillé de bois, avec cheminée, va dévoiler ses poutres.

Comment s’est passée votre enfance ?

Mon papa était militaire, puis il est devenu garçon de café à Brest. À ma naissance mes parents ont très rapidement déménagé en Lorraine, à Dombasle-sur-Meurthe où j’ai grandi. Je conserve le souvenir de ma grand-mère Berthe, et de sa mère, des repas dominicaux à la brasserie. J’avais une vie très heureuse. Et puis à l’âge de 10 ans, papa a perdu son affaire. Les mines fermaient et les clients disparaissaient. Je suis alors parti vivre 2 ans chez ma grand-mère en Bretagne, à Dinéault, avec ma petite soeur.

J’y ai rencontré Marie-Jo, la maman d’Olivier Bellin, puisqu’elle et ma grand-mère étaient amies. J’étais heureux de cette vie à la ferme. J’y ai appris la tonte des moutons, la conduite du tracteur, à rentrer les foins. C’était un peu la vie de Tom Sawyer (dessin animé diffusé dans les années 1980, NDLR). Ensuite mes parents ont trouvé du travail à Chamonix, à l’ hôtel Frantour. J’ai donc démarré une nouvelle vie là-bas.

Cet article est issu du magazine

S'abonner
N° 358 Juin 2024

À lire aussi

Voir tout