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Histoire de chef

Manon Fleury

Si Manon Fleury s’est faite la porte-parole des femmes en cuisine, elle est avant tout une cheffe de talent dont les assiettes ont vite remporté les suffrages unanimes des clients et des critiques. Après un parcours fulgurant entre Paris, New York et Monaco, c’est à Datil, son premier restaurant, qu’elle distille depuis le mois de septembre 2023 une cui sine délicate et enveloppante, portée par un service qui l’est tout autant.

Propos recueillis par Michel Beau Tanguy

Parlez-nous de votre enfance ? Avez-vous des frères et sœurs ?

J’ai deux grands frères. Je suis la petite dernière. J’étais plutôt une enfant calme, mais qui cultivait un goût pour la liberté. J’habitais à la campagne, dans un lotissement et j’avais soif de grand air. J’aimais jouer avec mes copains, faire du vélo et la cuisine. Mon enfance fut très joyeuse et assez privilégiée, car nos parents nous laissaient une grande autonomie.

Mon attirance pour la cuisine s’explique d’ailleurs certainement parce que ma mère lorsque mes parents travaillaient, nous confiait à mes frères et moila préparation des repas. Ils ont d’ailleurs eux aussi conservé un goût pour la cuisine et pour la bonne chère. Ma grand mère paternelle, chez qui je passais mes vacances, a quant à elle construit mes madeleines de Proust. Elle était très bonne cuisinière et pâtissière, et nous passions beaucoup de temps à cuisiner ensemble. Nous préparions tartes et confi tures avec les fruits de son verger.

Vous êtes devenue cheffe mais vous auriez pu être sportive de haut niveau ! Vous nous racontez ?

Lorsque je vivais à Monéteau, un petit village de Bourgogne, je me suis essayée à l’escrime dans le club du village et j’ai adoré ca. L’arme spécifique du club était le sabre. Peu de gens s’y intéressaient donc on accédait assez vite aux com pétitions nationales. À 15 ans, j’ai eu l’opportunité de partir en sport études, en pôle espoir. J’appartenais donc aux meil leurs Français de la catégorie, avec l’objectif, une fois sénior, de participer aux Jeux olympiques et d’être vraiment une sportive de haut niveau.

Mais après avoir beaucoup pratiqué au lycée, j’ai voulu consacrer du temps à mes études. J’ai eu le sentiment d’un trop-plein de sport. Alors une fois le bac en poche, j’ai poursuivi par une année d’hypocagne. Et c’est là que je me suis rendu compte que je n’arrivais plus à tenir 10 heures sur une chaise et à bosser comme on nous le demandait à ce niveau. La cuisine me trottait dans la tête depuis longtemps, je n’avais pas vraiment envie de pour suivre en faculté, alors je me suis inscrite à l’école Médéric dans le 17e arrondissement de Paris sur un coup de tête.

Cet article est issu du magazine

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N° 362 Janvier 2025

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