Histoire de Pâtissier
Hasnaâ Ferreira
Je n’ai pas vécu une enfance totalement épanouie, car mon père ne m’a pas reconnue quand j’étais petite.
Comment se passe votre enfance ?
Hasnaâ Chocolats Grands Crus à Bordeaux
J’ai donc grandi dans une famille monoparentale, une situation un peu difficile, car au Maroc, il n’existe pas d’aide pour les familles, ni pour les mères célibataires. J’étais la dernière de la fratrie, j’avais 20 ans d’écart avec mes 2 sœurs. Je lisais beaucoup, je parlais très bien français, sans pourtant avoir étudié à la mission française, j’aimais tout simplement regarder les documentaires et lire en français. Et j’adorais tout autant l’école, c’était pour moi un moment de découverte.
Cette différence d’âge avec vos deux sœurs vous a-t-elle rendue solitaire ?
Disons que je me suis créé mon monde imaginaire. En revanche, on s’occupait bien de moi ! Les 3 femmes de la maison cuisinaient très bien ! Et de manière intuitive, elles ne suivaient aucune recette, la seule règle était de goûter et de regoûter. Je n’ai jamais eu à cuisiner ou à faire quoi que ce soit, juste à manger. Mais j’ai toutefois très tôt développé une mémoire olfactive assez intéressante, car lorsque je me suis éloignée du cocon familial, et qu’il m’a fallu reproduire les recettes, je ne me suis basée que sur mes souvenirs, et surtout, j’ai remarqué qu’en plus du goût, je m’appuyais beaucoup sur l’odorat.
Cet article est issu du magazine
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