Histoire de chef
Flora Mikula
croque la vie à pleines dents, et ce n’est pas qu’une question d’épicurisme. C’est aussi et surtout parce qu’elle a appris très tôt que la vie était fragile. Alors autant la vivre pleinement. Plus que cuisinière ou aubergiste, la cheffe cinquantenaire s’attache davantage aux rencontres et aux échanges qui font la richesse de la vie, et plus encore à créer ces moments de partage qui en font l’essence.
Née à Nîmes d’un père militaire polonais et d’une maman au foyer originaire de Lorraine, Flora Mikula grandit à Avignon où son père s’est reconverti en professeur d’électricité. Confrontée à la maladie de sa mère, qu’elle perdra à l’âge de 9 ans, elle endosse alors d’une manière un peu âpre un rôle prématuré pour la petite fille qu’elle est.
Comment avez-vous si jeune fait face au décès de votre mère ?
Disons que j’ai eu la chance d’avoir ma grande-mère, car maman était fille unique, et lorsqu’elle a quitté Lunéville, mon grand-père étant malade, maman a décidé qu’elle la prendrait avec eux pour ne pas la laisser seule. Quand maman est décédée, c’est elle qui a pris le relais. Mais la relation entre mon père et sa belle-mère était conflictuelle. Donc très vite ma grand-mère est partie de la maison et je me suis retrouvée seule avec papa, ma sœur, de six ans mon aînée, étant partie étudier les Beaux-Arts à Aix-en-Provence. C’est là que je me suis retrouvée à préparer les repas. Donc au départ, la cuisine a été plus une obligation qu’une passion. Mais ça m’a plu assez vite.
Cet article est issu du magazine
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